Le salaire N4P1 correspond au niveau IV, position 1, des ouvriers du bâtiment : le maître ouvrier ou chef d’équipe classé au coefficient 250. Son minimum brut mensuel atteint 2 399,42 € en Nouvelle-Aquitaine en 2026, pour 35 heures hebdomadaires. Ce chiffre est un plancher fixé région par région, et un employeur a le droit de payer davantage.
Classification N4P1 du bâtiment : coefficient 250 et niveau IV
La grille des ouvriers du bâtiment compte quatre niveaux, répartis en positions, avec des coefficients de 150 à 270. Le niveau IV regroupe les maîtres ouvriers et les chefs d’équipe : la position 1 (N4P1) est au coefficient 250, la position 2 (N4P2) au coefficient 270.
Au-dessous, le niveau III réunit les compagnons professionnels, avec le N3P1 au coefficient 210 et le N3P2 au coefficient 230. Pour revoir en détail les niveaux de qualification des ouvriers, cette page reprend les définitions de chaque échelon.
Salaire minimum N4P1 en 2026 : l’écart entre régions
Le minimum ne vient pas d’un barème national unique. Chaque région négocie son accord entre fédérations patronales (FFB, CAPEB) et syndicats de salariés, et le fixe chaque année.

En Nouvelle-Aquitaine, l’accord signé à Bordeaux le 22 octobre 2025 donne 2 399,42 € brut par mois au coefficient 250 à partir du 1er janvier 2026, soit 15,82 € de l’heure. En Bretagne, l’accord du 3 décembre 2024 fixait 2 380,73 € au 1er janvier 2025, soit 15,70 € de l’heure : la grille 2026 de cette région peut avoir changé depuis.
Les écarts entre régions existent aussi dans d’autres métiers, comme le montre le salaire en logistique selon les régions. Pour connaître la grille de son département, il faut chercher l’accord régional de l’IDCC 1596 (entreprises de 10 salariés ou moins) ou de l’IDCC 1597 (plus de 10 salariés), ou s’adresser à la fédération régionale de la FFB ou de la CAPEB.
Le SMIC reste le garde-fou : il s’élève à 1 867,02 € brut par mois, et si le minimum conventionnel passe en dessous, l’employeur verse un complément jusqu’au SMIC. Le N4P1 se situe environ 530 € au-dessus.
Calcul du salaire brut mensuel au coefficient 250
Chaque ligne de la grille associe un coefficient à un taux horaire minimal, et le mensuel s’en déduit sur la base de 151,67 heures, soit 35 heures par semaine. Au coefficient 250 en Nouvelle-Aquitaine, 15,82 € de l’heure multipliés par 151,67 heures donnent 2 399,42 €.
Les montants régionaux ne se déduisent pas d’une règle unique à partir du coefficient : l’accord publie directement le taux et le mensuel pour chaque ligne. Le coefficient sert surtout à repérer sa ligne dans le tableau.
Du salaire brut au net : primes et heures en plus
Le net se calcule en retirant les cotisations salariales du brut. Au SMIC, 1 867,02 € brut donnent environ 1 477,93 € net, soit un peu moins de 80 %. Pour un N4P1 au minimum, un net de l’ordre de 1 900 € par mois est un ordre de grandeur plausible, mais le bulletin de paie fait foi.
Plusieurs éléments s’ajoutent au minimum : les heures supplémentaires, les indemnités de petits déplacements (trajet, transport, repas) et la prime de vacances versée via la caisse de congés payés du bâtiment. Ces versements ne dépendent pas du coefficient de la même manière que le salaire de base. Pour passer d’un montant à l’autre sans calcul à la main, un simulateur de salaire brut et net convient bien.
N4P1, N3P2 et N4P2 : ce que rapporte chaque position
Sur la même grille de Nouvelle-Aquitaine, le N3P2 (coefficient 230) est à 2 229,55 € et le N4P2 (coefficient 270) à 2 560,19 €. Passer de N3P2 à N4P1 rapporte 169,87 € de plus par mois, puis 160,77 € supplémentaires pour atteindre le N4P2.

En Bretagne, les écarts sont de 168,19 € dans les deux sens (2 212,54 € au N3P2, 2 380,73 € au N4P1, 2 548,92 € au N4P2). La progression reste donc proche d’une région à l’autre.
Le niveau IV suppose de conduire une équipe et de répondre de la qualité du travail, ce qui justifie l’écart avec les compagnons professionnels. Le diplôme joue lui aussi : le poids du diplôme dans le revenu est détaillé dans un autre article du site.
Fiche de paie : vérifier son coefficient et demander un reclassement
Le bulletin de paie mentionne l’emploi, le niveau, la position et le coefficient. Si un chef d’équipe y figure à un coefficient inférieur à 250 alors qu’il en exerce les fonctions, le salaire de base peut être sous le minimum de sa fonction.
Un salaire inférieur au minimum régional se règle d’abord par un échange écrit avec l’employeur, puis avec les représentants du personnel ou l’inspection du travail si rien ne bouge. Une demande de reclassement au niveau IV s’appuie sur les tâches réellement effectuées.
Le coefficient 250 ouvre donc droit à un minimum différent selon la région, mais jamais inférieur au SMIC. Relire la ligne de son bulletin et la grille de son département suffit à savoir où l’on se situe.

