Verbe en ir à l’imparfait et au futur : les erreurs à éviter absolument

Les verbes en -ir posent un problème précis dès qu’on passe à l’imparfait ou au futur simple : le radical change selon le groupe, et la mécanique de conjugaison n’est pas la même pour finir et pour partir. La majorité des erreurs viennent d’un réflexe d’analogie entre ces deux modèles, qui produit des formes inexistantes.

Verbes en -ir du 2e et du 3e groupe : une distinction qui conditionne tout

Avant de conjuguer un verbe en -ir à l’imparfait ou au futur, la première opération consiste à déterminer son groupe. Ce tri n’est pas un détail grammatical : il détermine le radical sur lequel se greffent les terminaisons.

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Les verbes du 2e groupe (finir, choisir, réussir, grandir) partagent un marqueur fiable : la forme en -issons à la première personne du pluriel au présent. « Nous finissons », « nous choisissons ». Ce suffixe -iss- se retrouve intégralement à l’imparfait.

Les verbes du 3e groupe en -ir (partir, sortir, dormir, courir, venir) ne possèdent pas ce suffixe. « Nous partons », « nous dormons ». Leur radical se raccourcit, et les terminaisons s’appliquent directement sur cette base courte.

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La confusion naît quand un apprenant traite « partir » comme « finir » et produit des formes calquées sur le modèle régulier. Ce transfert erroné touche aussi bien l’imparfait que le futur, avec des résultats différents selon le temps.

Professeur de français expliquant la conjugaison des verbes en -ir à l'imparfait au tableau de craie en classe

Conjugaison à l’imparfait : le piège du suffixe -iss-

À l’imparfait, les terminaisons sont identiques pour tous les verbes : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. Ce qui change, c’est le radical auquel on les ajoute.

Le modèle régulier : finir

Pour un verbe du 2e groupe, on intercale -iss- entre le radical et la terminaison. « Finir » donne : je finissais, tu finissais, il finissait, nous finissions, vous finissiez, ils finissaient. Le radical reste stable, le suffixe -iss- ne disparaît jamais.

Le modèle irrégulier : partir, dormir, sentir

Pour un verbe du 3e groupe en -ir, on utilise le radical court (celui du présent au singulier). « Partir » donne : je partais, tu partais, il partait. « Dormir » donne : je dormais. Aucun -iss- ne vient s’intercaler.

L’erreur typique consiste à écrire « je partissais » ou « il dormissait » en appliquant mécaniquement le modèle de « finir ». Ces formes n’existent pas. Le test à appliquer est simple : conjuguez le verbe au présent avec « nous ». Si vous obtenez « nous partissons », quelque chose cloche. La bonne forme est « nous partons », ce qui confirme l’absence du suffixe -iss-.

  • Verbe du 2e groupe (nous finissons) : radical + -iss- + terminaison. Exemple : je fin-iss-ais.
  • Verbe du 3e groupe (nous partons) : radical court + terminaison. Exemple : je part-ais.
  • Verbe du 3e groupe à radical modifié (nous venons) : radical du présent pluriel + terminaison. Exemple : je ven-ais (pas « je venissais »).

Futur simple des verbes en -ir : radical entier ou radical modifié

Au futur simple, la règle de formation diffère de l’imparfait, et les pièges se déplacent. Le futur se construit sur l’infinitif pour les verbes réguliers, mais plusieurs verbes du 3e groupe modifient leur radical.

Verbes du 2e groupe au futur

La construction est régulière : infinitif + terminaisons (-ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont). « Finir » donne : je finirai, tu finiras, il finira. Le -r de l’infinitif se retrouve dans la prononciation, ce qui aide à l’identification.

Verbes du 3e groupe au futur : les radicaux qui changent

Plusieurs verbes du 3e groupe en -ir ne conservent pas leur infinitif intact. « Venir » ne donne pas « je venirai » mais je viendrai. « Courir » ne donne pas « je courirai » mais je courrai (avec deux r). « Mourir » donne « je mourrai », pas « je mourirai ».

L’erreur la plus fréquente au futur est d’ajouter une syllabe supplémentaire en conservant le -i- de l’infinitif là où le radical se transforme. « Je venirai » sonne naturel à l’oral pour certains locuteurs, mais la forme correcte est « je viendrai », avec modification du radical et ajout du -d-.

Autre piège courant : « tenir » et « venir » suivent le même schéma au futur (je tiendrai, je viendrai), ainsi que tous leurs composés (revenir, devenir, retenir, obtenir). Si vous connaissez la forme de « venir », vous connaissez celle de « devenir » : je deviendrai.

Étudiant révisant les erreurs de conjugaison des verbes en -ir au futur simple dans une bibliothèque universitaire

Imparfait ou futur : confusions liées à la prononciation

À l’oral, la distinction entre l’imparfait et le futur des verbes en -ir réguliers peut devenir floue. « Je finissais » et « je finirai » se différencient par leur terminaison, mais dans un débit rapide, la voyelle finale (-ais versus -ai) sonne de façon très proche dans plusieurs régions francophones.

À l’écrit, la confusion se traduit par des erreurs de terminaison : écrire « je finirai » quand le contexte impose l’imparfait, ou « je finissais » quand la phrase décrit un événement à venir. Le repérage du contexte temporel de la phrase tranche le doute : un marqueur comme « hier », « chaque matin », « à cette époque » appelle l’imparfait, tandis que « demain », « l’année prochaine », « bientôt » orientent vers le futur.

Un test complémentaire fonctionne bien : remplacez le verbe en -ir par un verbe du 1er groupe. Si « je chantais » convient au sens de la phrase, c’est l’imparfait. Si « je chanterai » convient, c’est le futur. Ce remplacement supprime l’ambiguïté phonétique et force le choix du bon temps.

Vérification rapide : les réflexes à installer

Trois opérations permettent de réduire la grande majorité des erreurs sur les verbes en -ir conjugués à l’imparfait ou au futur.

  • Identifier le groupe du verbe avant de conjuguer : testez avec « nous + présent ». Si la forme en -issons existe, le verbe est du 2e groupe. Sinon, c’est du 3e groupe et le radical sera différent.
  • À l’imparfait, vérifier la présence ou l’absence du suffixe -iss- : seuls les verbes du 2e groupe prennent -iss- à l’imparfait.
  • Au futur, vérifier si le radical se transforme : pour les verbes comme venir, courir, mourir, tenir, le futur ne se construit pas sur l’infinitif brut.
  • En cas de doute entre imparfait et futur, repérer les indicateurs temporels de la phrase ou substituer un verbe du 1er groupe pour clarifier le temps.

Ces vérifications prennent quelques secondes et évitent les formes fantaisistes qui pénalisent une copie ou un texte professionnel. La difficulté réelle ne réside pas dans les terminaisons, qui sont régulières et peu nombreuses, mais dans l’identification correcte du radical, qui varie d’un groupe à l’autre et, au sein du 3e groupe, d’un verbe à l’autre.

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